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18 août


Interview d’Eugénie Lacombe & Paul Bouisset, pour Logik

Logik est un objet interactif créé par Eugénie Lacombe et Paul Bouisset (École de Design de Nantes Atlantique), en réponse à l’appel à projets étudiants Arts & Technologies lancé par l’association Electroni[k] et également soutenu par Stereolux.

Avant sa présentation à la Salle de la Cité, du 7 au 16 octobre, pour le festival Maintenant 2016, Eugénie & Paul ont répondu aux questions d’Émilie Kerebel, bénévole de l’association Electroni[k].

 

Bonjour Eugénie & Paul,

Pour commencer, pouvez-vous vous présenter ? Quel est votre parcours ? Qu’est ce qui vous a réuni ?

Nous sommes deux étudiants Nantais actuellement à l’école de Design Nantes Atlantique préparant notre niveau master. Eugénie a étudié le design produit et industrie en cycle Bachelor (3 ans) et moi (Paul) le design d’interactivité, autrement dit le design des nouvelles technologies. Depuis cette année nous sommes tous les deux dans le même programme Master sur Nantes, «Interfaces Tangible». Notre Master se concentre sur l’idée de mettre en lien le monde numérique et les objets tangibles (objets connectées etc..) pour créer de nouveaux services ou interactions. Ce qui nous a réunis c’est vraiment cette envie de lier nos deux disciplines, avec une approche produit concentrée sur l’objet et une approche plus numérique sur les interactions.

 

Comment avez-vous été au courant de l’appel à projets étudiants du festival Maintenant ? D’où est venue votre motivation et pourquoi avez vu candidater ?

Nous avons entendu parlé de l’appel à projets grâce à l’un de nos encadrants de Master et on a tout de suite sauté sur l’occasion pour s’inscrire. L’art numérique est un bon moyen de proposer et d’expérimenter de nouvelles interactions. Cela nous a permis de penser notre projet avec plus de liberté pour tester de nouvelles choses et moins se concentrer sur l’aspect fonctionnel.

 

Qu’attendez-vous du festival Maintenant ?

Le festival Maintenant est un excellent moyen pour nous de présenter notre projet mais surtout de laisser les spectateurs prendre possession de notre installation et voir comment ils interagissent avec elle. C’est toujours une chance de pouvoir valider (ou non) des intentions artistiques ou de design avec des spectateurs. Le festival est aussi un bon moyen pour nous de faire connaître notre travail en offrant une visibilité.

 

Quels sont vos univers de création ? Qu’est ce qui vous inspire ? Des artistes en particulier ?

Notre univers de création se situe vraiment entre art numérique et design traditionnel. Depuis quelque temps on s’intéresse beaucoup à ce mouvement qui jongle entre l’art numérique, qui a pour vocation de poser des questions, et le design, qui lui, est plus une manière de répondre à des problématiques précises. Grâce à notre Master (Interface Tangible), on s’inspire du travail d’artistes qui se posent des questions sur de nouvelles manière d’interagir avec la technologie en général. Pour ma part (Paul) je suis un grand fan du travail de Kyle McDonald, c’est un artiste qui se pose vraiment des questions intéressantes sur la création numérique à travers ses projets, également Ishac Bertran qui lui est plutôt un designer mais qui dans sa pratique à une approche vraiment intéressante. Eugénie, elle, s’intéresse aux textiles innovants. C’est une nouvelle pratique qui profite de la miniaturisation de l’électronique et des capteurs, pour les intégrer dans des tissus et en faire des vêtements intelligents. Elle a eu la chance de travailler avec Kristin Neidlinger (Sensoree Lab) qui créer des séries de vêtements connectés basées sur le bien-être et l’extimité.

 

Pouvez-vous m’expliquer votre projet ? Comment fonctionne-t- il ?

Notre projet (Logik) est une installation interactive qui lie un objet tangible et une projection numérique. L’idée est de laisser le spectateur au commande de la projection grâce à un objet de contrôle au design épuré (boutons, potentiomètre..). On voulait créer une installation plus interactive et moins contemplative pour les visiteurs du festival, quelque chose avec laquelle ils aient envie de jouer, de toucher et de s’approprier.  À la fin de l’utilisation, le spectateur peut imprimer sur un ticket de caisse une image de la forme qu’il a généré, une manière de repartir avec un souvenir.

 

Pourquoi avoir choisi de faire participer le spectateur ? Pourquoi le rendre « créateur » ?

L’idée de faire participer le spectateur était présente dès le début dans notre projet. On avait envie de faire autre chose qu’une installation numérique seulement là pour être observée. En plus de ça, on voulait aussi que le spectateur puisse influer sur ce qu’il voyait, d’où l’idée de lui donner littéralement les commandes de l’installation grâce à notre objet. La projection est directement liée à ses décisions.

 

Quel était votre souhait dans cette démarche de création ?

Notre souhait était de créer un autre type d’objet, inspiré directement du design industriel mais uniquement conçu pour l’art numérique. On voulait recréer le même type d’interactions que l’on a avec nos objets du quotidien et les objets technologiques plus anciens. Tourner des potentiomètres, appuyer sur des boutons, faire glisser un slide sont des gestes intuitifs qu’on a l’habitude de faire et qui nous paraissait intéressants pour rendre notre installation plus familière à l’utilisation.

 

Quelles sont ces images dont vous parlez ? D’où viennent-elles ?

Ces images sont des séries de formes géométriques générées numériquement grâce à un programme que nous avons développé. Elles sont créées grâce à des fonctions mathématiques et s’inspirent directement de mouvements ou formes présentes dans la nature. Le spectateur lui, agit et modifie ces formes géométriques. Il peut les altérer, changer leur taille ou leur densité.

 

Pourquoi permettre à l’utilisateur d’imprimer « sa création » ? Quelle a été votre approche ?

L’idée pour chaque spectateur de pouvoir imprimer sa création est un moyen de s’approprier son expérience. Le spectateur modifie une forme, il joue avec l’installation. Il était donc important pour nous qu’il puisse garder une trace tangible de son expérience. L’idée d’utiliser une imprimante de ticket de caisse est aussi un moyen original de garder une trace, c’est quelque chose que chacun peut garder.

 

D’où vient ce nom, Logik ?

Le nom Logik est inspiré de deux choses. La première c’est la notion d’« analogie ». En informatique, l’analogique désigne des systèmes d’informations qui se modifient grâce à un phénomène physique (la tension électrique par exemple). En général, on utilise surtout ce terme en opposition au numérique. Pour nous c’était une manière de faire référence à un type d’objets électriques plus ancien qui fonctionne uniquement de manière analogique sans numérique (amplificateurs de musique par exemple). Le nom Logik fait aussi référence au mot « logique », c’était un moyen pour nous de dire que notre installation est conçue pour être intuitive.

 

Et pour la suite, vous avez d’autres projets en cours ou des envies particulières ?

On essaye toujours d’avoir des projets en cours, et on essaye de travailler sur d’autres type d’objets ou installations dans la même lancée que celui-ci. Les « interfaces tangibles » sont un bon terrain d’exploration et on aimerait bien continuer à travailler sur ce sujet, que ce soit avec des projets plus proches du design industriel ou de l’art numérique.

 

Propos recueillis par Émilie Kerebel

 

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