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7 juillet


Jackson, un artiste SHAPE

Sélectionné par Electroni[k] pour la plate-forme SHAPE*, Jackson se produira à Rennes en octobre 2016 pour le festival Maintenant, mais aussi à Montréal pour MUTEK en juin 2016.

Connu pour ses albums sous le nom de Jackson & His Computerband parus sur le mythique label Warp, Jackson présente sa nouvelle création, Light Metal Music. À partir d’un ensemble d’instruments métalliques conçus par ses soins, il transforme le spectre lumineux en fréquences sonores par des résonances et des algorithmes, créant une bande son semi-improvisée mêlant brume musicale, plaques et boîtes de métal vibrantes, et d’étranges contrôleurs évoquant autant la sculpture que la sidérurgie. Entre pulsations industrielles et mélodies célestes, Jackson nous invite à entendre la lumière autant qu’à voir le son.

 

En attendant, Electroni[k] a rencontré Jackson :

– Bonjour Jackson, peux-tu nous expliquer brièvement le nouveau projet Light Metal Music que tu présentes en 2016 ?  

Light Metal Music est le nom que j’ai donné à mon travail de traduction sonore du spectre de la lumière. C’est un procédé qui consiste à traduire les couleurs d’un faisceau lumineux diffracté en sons grâce à l’utilisation de prismes optiques et d’une technique de re-synthèse en temps réel. Dans le cadre des performances qui accompagnent ce travail j’utilise des « partitions » en métal miroir pour modifier la forme et la position de la lumière qui modifie ensuite son double auditif généré par l’algorithme de cette re-synthèse. Le spectre de la couleur se traduit alors en fréquences sonores et s’amplifie dans de larges plaques de métal miroir en vibrations.La lumière en mouvement résonne et se reflète dans le système sensoriel et à travers le même matériaux qu’est le métal miroir. 
 

– Nous étions jusqu’à présent habitués à associer ton prénom avec ton « computer band », en quoi ce nouveau projet en est-il le prolongement ?

Disons que j’ai raccourci mon nom pour mieux prolonger l’étendue de ma pratique musicale et y introduire les phénomènes vibratoires.

 

– Depuis combien de temps te consacres-tu à l’élaboration de cette performance ?

J’ai présenté la genèse de ce projet pour la première foi à l’Ircam à Paris en novembre 2014 dans le cadre du festival Ircamlive.

 

– Selon toi, l’objectif principal de ce projet est d’inventer de nouveaux instruments ? Peux-tu nous parler du plus étonnant ?

Je suis parti d’une envie de fabriquer des instruments parce que les contrôleurs midi,les synthétiseurs et les platines ne m’offrent pas ce que j’attends en ce qui concerne l’implication physique et la visualisation d’un geste musical. En travaillant sur ce qu’il m’était éventuellement possible de créer j’ai découvert que la question du sens et de la forme de mes instruments était aussi importante que les sonorités qu’ils me permettent d’obtenir. Je me suis donc retrouvé à chercher comment créer une grammaire, un dispositif, une collection d’interfaces susceptible de m’emmener sur la voie d’un art nouveau.

La perception de ce que sont les champs vibratoires est devenue une de mes préoccupations centrales et j’ai découvert qu’il était possible d’accéder à une perception suprasensible de la réalité tangible en conjuguant ses sens, notamment la vue et l’ouïe. 

 

– De quelle manière gères-tu l’improvisation en live ?

Je conçois l’improvisation comme une manière de communiquer avec une audience. Un moyen de partager l’expérimentation d’un dispositif et d’inviter le public dans le processus de ma recherche.

 

– Dans le cadre du festival Maintenant, tu seras résident dans une chapelle. Portes-tu de l’importance aux lieux de représentation de cette performance ?

J’aime l’idée de jouer avec la lumière dans une chapelle. Compte tenu de la symbolique que la lumière occupe dans les cultes et les rituels religieux depuis la nuit des temps. Je suis impatient de pouvoir jouer avec l’acoustique du lieu.

 

– Quel est l’aboutissement ultime de ce projet ?

Il s’agit pour moi de communier avec les forces premières et les structures de la réalité tangible.

 

Interview par Harmony Touguet.

 

* SHAPE (Sound, Heterogeneous Art and Performance in Europe) est une initiative cofinancée par le programme Europe Créative de l’Union Européenne. En regroupant 16 organisations européennes à but non-lucratives du réseau ICAS (International Cities of Advanced Sound), il s’agit de créer une plate-forme de soutien, de promotion et d’échange des musiciens émergents et innovants, d’artistes croisant différentes disciplines et ayant une sensibilité pour les cultures sonores.

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