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Publié le 11 septembre

Interview des créateurs d’After Eden – Exposition – Festival Maintenant 2017

Iseult Perrault, Mélanie Courtinat et Salomé Chatriot nous présente leur proposition pour le festival Maintenant 2017 : After Eden.

 

La génèse d’After Eden 

After Eden est né d’une collaboration entre l’artiste peintre Iseult Perrault et les designers interactives Mélanie Courtinat et Salomé Chatriot. Inspirées par sa série de toiles représentant des jardins luxuriants, ces dernières ont imaginé le projet lors d’un workshop à l’ECAL avec le designer zurichois Andreas Guysin. Elles utilisent ainsi la technologie de la réalité augmentée via une application permettant au public de pénétrer en profondeur les toiles aux couleurs chatoyantes d’Iseult, et ainsi rajouter un degré de lecture supplémentaire à l’oeuvre. 

 

After Eden, de l’art visuel 

ECAL est l’abréviation d’Ecole Cantonale d’Art de Lausanne. Il s’agit d’un institut public dépendant du canton de Vaud en Suisse qui propose différents bachelors: Design, Cinéma, Arts Visuels, Media & Interaction Design, Photo et Graphisme. Iseult est ainsi issue de la section Arts Visuels. Durant son cursus, elle a produit une série de peintures grand format représentant a premiere vue une fassade végétale d’une dizaine de mètres de long. En s’y attardant le spectateur peut s’apercevoir que ces plantes en s’aplatissant les unes sur les autres se transforment au fur et a mesure en éléments plus abstraits, architecturaux, graphiques. Chacun d’entre eux est lui-même issu de reproductions d’images trouvées sur internet, d’éléments de peinture d’artistes classiques mais également provenant de la vie quotidienne de l’artiste, pour finalement former de nouvelles formes et significations à interpréter.

 

L’animation au coeur du processus de découverte de l’oeuvre 

Mélanie et Salomé ont quand a elles étudié le Media Interaction Design, bachelor qui a pour particularité de mélanger design et art, enseignement appliqué tout spécialement aux nouvelles technologies. Les élèves peuvent ici bénéficier d’un apprentissage théorique mais également technique, et c’est là qu’elles ont pu réaliser des projets notamment en réalité augmentée. Il ne s’agit pas d’une technique difficile à proprement parler, mais la méthode de travail se doit d’être rigoureuse pour un résultat probant, ce qui est précisément ce qu’une école Suisse peut inculquer. La première étape consiste à se munir d’une image 2D sur laquelle on souhaite intervenir, dans le cas de After Eden des photographie des toiles. Il est nécessaire que la surface soit éclairée proprement et de façon uniforme. Il s’agit ensuite de l’intégrer dans une base de donnée au sein d’un programme, ici le logiciel Unity. On peut alors retravailler dessus: modéliser, placer et programmer les animations et le son. Enfin, il faut exporter l’application sur tablette ou téléphone portable. 

Il s’agit là de la même technologie employée dans un jeu sorti quelques mois après le prototype d’After Eden et qui a beaucoup fait parler de lui: Pokemon Go. La réalité augmentée s’est depuis démocratisée, et de plus en plus de projets utilisant cette dernière font à leur tour leur apparition. À l’époque de la conception d’After Eden cependant, il existait bien moins de projets innovants, souvent d’ailleurs existant à des fins commerciales, ou bien trop gadgets et sans trop s’appuyer sur un discours théorique.

 

« La réalité augmentée comme médium permettant une lecture supplémentaire des toiles »

Mélanie et Salomé ont ici décidé de jouer sur les niveaux de réalité que les oeuvres d’Iseult peuvent proposer au spectateur. La technologie de la réalité augmentée ici n’est plus prétexte mais médium permettant une lecture supplémentaire des toiles. Référençant fortement les nombreuses représentations classiques du Jardin des Délices, elles proposent ici aux spectateurs de devenir visiteurs, et s’enfoncer dans le diorama végétal ,équipés d’une tablette permettant de fouiller en profondeur ce qui se cache entre les feuilles et les fleurs. Il est d’abord question de l’intégration du spectateur à l’environnement pictural, à travers la perspective. Ici, l’écran de la tablette devient a son tour un espace augmenté d’une dystopie affirmée dans lequel le visiteur évolue. La semaine de workshop dans le cadre de l’ECAL a permis aux artistes de créer un prototype en collaboration, qui a remporté l’appel à projet étudiant du festival Maintenant. Désormais diplômées, elles poussent le projet plus loin en affinant l’ambiance sonore, le discours théorique mais également la qualité des animations proposées. Iseult peint une nouvelle toile spécialement pour l’occasion, la surface a explorer s’agrandit, les toiles exposées sont désormais au nombre de 5 plutôt que 2. Dans la mesure ou la popularité de la réalité augmenté connait un véritable essor ces temps, After Eden vise aussi bien des connaisseurs de l’art qu’un public plus généraliste et/ou simplement curieux quand à l’art contemporain et les nouvelles technologies, voir comment ces derniers peuvent se mêler. Le projet soutient la thèse qu’ils peuvent en effet cohabiter, voir même collaborer ici à raconter une histoire, et inviter le spectateur dans une promenade interactive au sein des toiles. 

 

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