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Publié le 17 septembre

“Essayez de ne pas penser à la musique de manière carriériste” ► l’interview de Peach

Essayez de ne pas penser à la musique de manière carriériste
Interview de Peach par SHAPE platform

On écoute Peach -originaire de Toronto- sur les radios internet ou dans des raves. Elle habite maintenant Londres, d’où elle enregistre tous les mois le NTS Radio Show, où on la retrouve aux côtés d’artistes tels que Pearson Sound, Karen Gwyr et Andres, ou à sauter sur le dance floor. C’est également une des 48 artistes SHAPE 2019, proposé à la plateforme par Electroni[k].

Ses sets sont créatifs et explorent plusieurs genres de façon cohérente. Avec dextérité, elle construit des récits qui s’élèvent avec énergie, dynamisme et passion. Cette vitalité se retrouve sur son premier morceau, “Silky”, un cut mélodique et palpitant sorti sur – un nouveau sous-label réservé aux artistes émergents lancé par Midland. Elle jouera au festival Maintenant pour la 1ère Ambiance Électronique le 5 octobre, un plateau avec Match.

Interview par Lucia Udvardyova 

Quand je t’ai parlé de cet interview, tu m’as dit vouloir discuter de SHAPE. Comment s’est passée ton année avec SHAPE pour l’instant ?

Personnellement, avoir l’opportunité de rencontrer des artistes qui partagent les mêmes idées que moi et des gens qui travaillent partout en Europe dans différentes scènes musicales a été super inspirant pour moi. Je pense que c’est quelque chose qui pourrait apporter à n’importe qui, quelles que soient ses compétences. J’ai aussi récupéré un plugin très cool de l’un des professeurs au workshop SHAPE et depuis je m’amuse à expérimenter et écrire avec.

Pourquoi est-ce que les plate-formes comme celle-ci sont importantes pour les artistes en devenir d’aujourd’hui ?

Ces plate-formes sont très importantes sur une scène aussi vaste. Et il y a tellement peu de personnes qui font ce genre de choses sans attentes particulières envers les artistes. Comme je l’ai dit, c’était super de rencontrer d’autres artistes, mais aussi de me former sur plusieurs sujets que je n’aurais pas eu la chance d’aborder autrement.

Quel conseil donnerais-tu à celles et ceux qui souhaitent devenir DJs ou producteur.trice.s et qui en sont au tout début ?

C’est très cliché, mais ne le faites que si vous aimez vraiment ça. Essayez de ne pas penser la musique de manière carriériste. J’ai beaucoup de messages de la part de personnes qui commencent et qui me demandent comment j’en suis arrivée là et comment ils pourraient faire pareil – chaque personne est sur son chemin et tous les chemins ne mènent pas aux mêmes choses mais il faut les apprécier pour ce qu’ils sont. Ce conseil vaut aussi quand on pense à ses pairs ou aux personnes que l’on admire. Je sais qu’avec internet, c’est très difficile à faire et que c’est bien plus simple d’être dur avec soi même et de se comparer aux autres, mais essayez de vous déconnecter de tout cela et faites vos propres créations.

As-tu eu des modèles quand tu as commencé ?

L’un de mes plus anciens souvenirs de modèles quand j’ai commencé à être DJ est Ricerdo Villalobos. Je l’ai vu jouer à Movement à Detroit en 2011 et ça m’a scotché. Il y avait eu un moment où la musique s’était arrêtée, il a regardé autour de lui et réalisé que c’était le diamant qui était sorti de la platine. Il l’a simplement remis dessus et a continué à danser, j’ai été obnubilée par le flegme avec lequel il a géré tout ça.

Tu es partie du Canada pour t’installer à Londres, où tu as d’abord travaillé dans la publicité. Ça fait maintenant un moment que tu est sur ta musique à plein temps. Peux tu nous parler de cette transition, et comment ton planning et ton travail à la journée ont changé ?

J’ai quitté mon emploi à plein temps en décembre 2018, donc c’est la première année que je fais de la musique à plein temps. La transition a été longue, j’ai probablement passé 10 mois en 2018 à travailler à plein temps et à faire des concerts le weekend. J’étais du lundi au vendredi au travail, puis le vendredi soir je prenais un train ou un avion pour partir jusqu’à dimanche. Je ne me suis rendu compte à quel point j’étais fatiguée et vidée que lorsque j’ai arrêté de faire tout cela en parallèle. Inutile de dire que mes journées sont structurées très différemment aujourd’hui – je n’ai plus de bureau ou de personne à qui rendre des comptes. Généralement, je passe mon lundi à voir des gens, c’est un peu comme un jour de weekend pour moi, puis du mardi au vendredi, je reste dans mon sudio à chercher, ripper, faire des playlists ou m’entraîner. Je pense que toutes les années que j’ai passées dans un bureau m’aident à conserver cette rigueur dans mes horaires de travail.

Quelle partie de ta carrière te plaît le plus, laquelle te plaît le moins ?

C’est probablement les voyages. J’adore voyager et voir de nouveaux lieux, et d’autres scènes musicales que je n’aurais pas eu la chance de découvrir du même point de vue que maintenant. Mais bien que j’aime ça, voyager est très exigeant pour le corps et l’esprit, ça devient compliqué d’entretenir une routine et de voir mes amis.

Beaucoup de professions sont unifiées et on y retrouve une certaine camaraderie, un sentiment d’appartenance à une famille. Ressens tu un tel environnement de travail dans le DJing et la musique électronique en général ? 

Oui, assurément.

Qu’attends tu avec le plus d’impatience dans les prochains mois ?

Je vais avoir plus de temps pour écrire, je vais aussi aller au Japon et à Hong Kong pour la première fois, je vais avoir plus de temps pour mes amis et ma famille, et la saison des festivals se termine donc je pourrai rester plus que quelques jours de suite à la maison :)

 

Interview par Lucia Udvardyova, pour SHAPE platform

Propos recueillis le 22 août 2019. Traduction par Boris Clénet

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